Dangers du labour et solutions

Dangers du labour et solutions

Ce texte est une synthèse de deux extraits vidéos d'une conférence donnée par Claude Bourguignon, ingénieur agronome français, lors du deuxième cycle de conférnces André Dupuy, comité agricole de fleurs (Loire), le 17 mars 2007.

Sources :    http://dai.ly/xdljki
                  http://www.dailymotion.com/video/xjwz64_claude-bourguignon-pourquoi-le-labour-est-une-catastrophe_tech

 

  La terre est un milieu extrêmement vivant : des milliers d'animaux y travaillent, la fabriquent grâce à un mécanisme complexe (cf A travers le monde > Le mécanisme du sol). Tout ce travail permet à la flore de se développer favorablement dans une terre riche en humus et en minéraux indispensables aux plantes (cet humus et ces minéraux sont produits par le travail des animaux vivant au sol et dans le sol).

Les effets négatifs du labour : Le labour forme une couche dure au niveau du sol (ce qu'on appelle une « semelle »). Tout d'abord, cette « semelle » va rendre difficile la circulation de l'eau.
  Par ailleurs, en retournant la terre, on enfouit tout ce qui était à la surface (feuilles, paille...), et on fait disparaître les espèces qui vivent uniquement au niveau du sol et sont chargées habituellement de décomposer les déchets organiques tombés au sol : puisqu'elles n'ont plus de travail à faire, elles s'en vont.
  Les déchets organiques situés dans le sol vont être gérés par des animaux vivant dans le sol. Ces animaux vont faire des crottes, qui seront « recyclées » par des mircobes. Seulement, les microbes sont de très forts consommateurs d'oxygène (ils en consomment 350 fois plus que les êtres humains). Or, l'oxygène est retenu à ce moment-là par le semelle épaisse formée par le labour, qui l'empêche de s'échapper. Les champignons (qui vivent au-dessus de la semelle et sont chargés de transformer les déchets organiques en humus) ne peuvent donc plus créer d'humus, car ils ont besoin pour cela de l'oxygène enfoui, qui ne peut remonter jusqu'à eux. On crée ainsi une terre sans humus, et une terre sans humus est une terre morte.
  Plus on laboure en profondeur (à partir de 8cm de profondeur, les champignons ne peuvent plus produire d'humus), plus on détruit la terre et les micro-organismes chargés de la renouveler. Commence alors un processus d'érosion de la terre (la terre se dégrade, s'appauvrit, meurt).
  Les racines des plantes que l'on sème, lorsqu'elles arrivent à percer la semelle de terre et qu'elles parviennent au niveau de la couche d'oxygène située juste en-dessous de la semelle, vont s'arrêter là, car ce milieu sur-oxygéné dégage des odeurs désagréables qui contraignent les racines des plantes de ne pas descendre plus bas.
  Il faut alors utiliser des engrais chimiques, pesticides... pour permettre aux plantes de croître. En effet, en labourant, on transforme un sol vivant en un sol mort, et si l'on veut obtenir des plantes, il faut alors y introduire des engrais.
  En conséquence, le labour n'entretient pas le sol, il le détruit.

Une solution : Claude Bourguignon propose de semer des plantes qui étouffent les plantes adventices (les "mauvaises" herbes) en produisant d'importants réseaux de racines qui, en même temps, permettent de structurer le sol. Ces plantes doivent aussi mourir dès les premières gelées. Ces plantes doivent être semées lorsque la croissance des plantes destinées à la consommation est près d'arriver à maturité : le sol ne doit donc jamais être nu (imitant ce faisant les principes auxquels obéit la nature elle-même).
  Une fois que l'on a prélevé sur les plantes consommables ses fruits, racines..., on laisse le reste, qui se dégradera peu à peu et formera une couche protectrice au niveau du sol, un paillage naturel. Lors des prochains semins de plantes consommables, le sol sera donc tapissé du paillage des plantes consommables précédentes, et de celui des plantes « intercalaires » qui ont étouffé les plantes adventices quelques mois auparavant. Il faut veiller aussi à ne pas broyer ces pailles naturelles : il ne faut pas toucher au paillage naturel produit par la nature.



Autres propositions : Une suggestion très proche de celle de C. Bourguignon a été proposée par Masanobu Fukuoka, qu'il expose dans son livre « La Révolution d'un seul brin de paille ». M. Fukuoka préconise un usage systématique de la paille, « point crucial », selon ses observations, d'une agriculture naturelle. Il recommande aussi, par exemple, de ne pas enfouir les semis dans la terre, mais de les laisser au sol, enveloppés d'une mince couche d'argile afin d'éviter que les oiseaux ne les picorent.
  D'autres méthodes encore sont proposées, comme cet extrait d'une vidéo de Dominique Soltner et Stéphane Aissaoui, où le labour est proscrit et le paillage de rigueur...

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