Spiritualité et écologie



  Les préoccupations écologiques ne sont pas nées avec le réchauffement climatique. Depuis 5000 ans, c'est-à-dire depuis les premières spiritualités nées dans la vallée de l'Indus, l'écologie est au cœur des préoccupations des hommes. Le végétarisme est prôné par les bouddhistes, les hindouistes et les jaïnistes depuis des millénaires. Le respect de la nature, la volonté de n'y puiser que le nécessaire fait partie des grands messages des indiens d'Amérique depuis toujours. Ecologie et spiritualité, loin de s'opposer, sont en fait liés étroitement, et s'il peut exister une écologie sans spiritualité, l'inverse n'est pas vrai.

  Toutes les religions de la terre (chamanisme, animisme...), en sacralisant les pierres, les plantes, les animaux, ont construit un système de pensée fondamentalement écologique. Une force spirituelle (esprit, âme) habite les choses de la nature, ce qui oblige les hommes à les respecter. L'animisme rappelle à leurs adeptes qu'ils doivent être en harmonie avec les quatre éléments: feu, air, terre, eau... et avec un cinquième: l'Esprit.


Javier Lui Alberto, Pachamama Santa Tierra

  Une certaine branche du bouddhisme admet volontiers que les plantes sont habitées par des esprits. L'hindouisme considère chaque pierre, chaque plante, chaque être vivant comme une partie du corps de Dieu.
Après Saint françois d'Assise qui, dit-on, parlait aux poissons et aux oiseaux, nourrissait les abeilles et protégeait les vers de terre des piétons, le pape François se fait défenseur de l'environnement, plaçant même les préoccupations écologiques parmi les priorités de son pontificat. Ce n'est pas là une révolution, c'est au contraire un retour aux sources.




Deux exemples contemporains: Amma et Krishnamuti:


  Amma, figure familière de l'hindouisme, défend largement la cause écologique, à travers notamment son ONG, Embracing the World. En accord avec l'idée que toutes choses sont habitées par la Conscience universelle (qu'on peut appeler Dieu), Amma propose une écologie dont le fondement est, non des gestes quotidiens respectueux de la nature, mais d'abord un nouveau regard porté sur le monde: le monde, la nature est le prolongement de notre propre corps, et notre corps lui est attaché d'une façon inaliénable, puisque notre corps n'est fait que de ce que nous mangeons, buvons..., donc de la nature.

Amma

  Le philosophe Jiddu Krishnamurti (cf mon site) s'est toujours réclamé d'une relation pour ainsi dire consubstantielle à la nature: il faut observer la nature, la comprendre, afin de l'aimer et d'y puiser le nécessaire, et non le superflu. « Si nous l'aimions vraiment [la nature], nous utiliserions ses ressources avec frugalité. Si nous voulons comprendre notre relation avec la terre, nous devons puiser dans ses ressources avec plus d'égards. » ; « la terre est là pour qu'on l'aime et qu'on en prenne soin, pas pour qu'on la divise en « ma » propriété et « votre » propriété. C'est idiot de planter un arbre et de l'appeler « mon » arbre. » (extraits de « de la Nature et de l'environnement », aux Editions du Rocher, 1994).
  
Jiddu Krishnamurti

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