Obsolescence programmée

Définition : L'obsolescence, c'est la propriété d'un produit de devenir tôt ou tard obsolète, dépassé, usé. Jusque-là tout est normal : tout passe... Mais l'obsolescence programmée, idée née aux Etats-Unis, c'est lorsqu'une entreprise fabrique un produit (notamment électronique) de telle sorte qu'il ne puisse plus fonctionner au bout d'un certain temps relativement court.
  Dans un sens plus large, on peut parler aussi d'obsolescence psychologique provoquée par la publicité et la mode : tel vêtement, telle véhicule, telle activité deviennent obsolètes parce que la publicité et l'esprit du moment les ont rendus obsolètes.
  Les ancêtres de l'obsolescence programmée : le dardanisme, né dans les années 30, consiste à détruire volontairement des excédents de stock afin de maintenir la rentabilité de l'entreprise. Le modèle de Détroit, qui consistait, au milieu du siècle dernier aux Etats-Unis, à convaincre les clients d'acheter un nouveau modèle de voitures d'une année sur l'autre, sans qu'il y ait pourtant de différence entre le nouveau et l'ancien modèle.

Qu'est-ce qui est touché par l'obsolescence programmée ?

  Essentiellement les produits électriques et électroniques : machines à laver, réfrigérateurs, téléviseurs, ordinateurs, cuisinières, climatiseurs, congélateurs...

Obsolescence dechargeBeaucoup d'appareils électroniques partent en Afrique et sont laissés là, à l'abandon. L'Afrique est devenue l'une des grandes poubelles de l'Occident.

Deux responsables : les producteurs et les consommateurs.

1. Les producteurs
  Dans une société hautement compétitive et obsédée par le rendement, dans une société qui pousse systématiquement à la consommation et pour qui le but n'est plus de croître pour satisfaire des besoins, mais celui, absurde, de croître pour croître, il est nécessaire de vendre toujours plus. Si une entreprise vend des produits durables (un réfrigérateur par exemple qui soit fonctionnel durant trois ou quatre décennies, comme c'était le cas jadis), elle signe aujourd'hui son arrêt de mort face à une concurrence féroce. Elle a donc tout intérêt, pour survivre, à produire des biens qui ne fonctionneront plus au bout de quelques années, puisque c'est la garantie pour elle qu'elle verra ses clients revenir vers elle ensuite.

2. Les consommateurs
  Par notre gaspillage (des denrées alimentaires par exemple, que nous achetons mais ne consommons pas et qui peuvent représenter 30% de ce que nous achetons en termes d'alimentation), par notre paresse également : un de nos appareils ne fonctionne plus à cause d'un petit défaut dans son système. Pourtant, bien que ce défaut puisse être réparé, nous préférons jeter l'appareil et en acheter un autre...

Les conséquences écologiques de l'obsolescence

  La première conséquence, c'est naturellement l'épuisement accéléré des ressources naturelles à partir desquelles sont fabriquées les produits que nous jetons. La seconde conséquence est soulevée par le problème du traitement des déchets : brûler les produits jetés exige une technologie extrêmement polluante.

Les solutions

  Fondamentalement, la seule solution envisageable est de revenir à un rythme de production qui vise, non plus à croître pour croître, mais à produire ce qui est nécessaire au bien-être de chaque être humain (sachant qu'une multitude d'appareils électroniques n'est pas indispensable à son bien-être, comme beaucoup de gens voudraient le croire!). Le principe d'une croissance économique infinie est invivable.
  Mais les politiques et les entreprises ne feront pas ce changement : ils tiennent beaucoup trop à leurs prérogatives. Nous seuls, le peuple, pouvons engager le changement, en consommant de façon plus responsable, ce qui implique à la fois de ne pas acheter au-delà du nécessaire et ne pas jeter quand on peut réparer.
  Certaines solutions collectives existent déjà : dans les écoquartiers par exemple ou en Suède, les machines à laver individuelles disparaissent au profit de machines à usage communautaires, situées par exemple dans les sous-sols des immeubles...

Une citation pour finir...

  « Le trait le plus spécifique de la consommation moderne, sa caractéristique en tant qu'activité qui implique une poursuite apparemment sans fin de désirs, est son insatiabilité. » (Giles Slade, Made to Break. Technology and Obsolescence in America, Cambridge, Harvard University Press, 2006, p.265)

Et une vidéo...

 

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