Petite histoire de l'écologie

 

Durant l'Antiquité déjà les philosophes grecs Aristote et Théophraste avaient recensé les plantes connues en Grèce. Au XVIème siècle les voyageurs et explorateurs français Pierre Belon et André Thevet (respectivement à gauche et à droite ci-après) décrivent et rapportent de leurs expéditions différentes plantes issues des forêts tropicales et/ou cultivées par les indigènes.

 

 

 

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A la suite de Belon et Thevet au XVIème siècle toujours, les voyages de découverte de la nature se multiplient. Mais dans le même temps les nations colonisatrices étendent leur empire à travers le monde et pillent l'environnement tropical, ce qui, déjà, appauvrit ce qu'on appelle aujourd'hui la biodiversité. On déforeste pour créer des champs, on extrait du minerai, on extermine en masse certains animaux pour leur viande, leurs plumes, leur peau.

 

Au XVIIème et XIXème siècles, sous l'influence du romantisme (Jean-Jacques Rousseau et ses « disciples », Victor Hugo, Bernardin de Saint-Pierre...) et de la physiocratie (doctrine économique de Quesnay, qui vise à une économie qui respecte les lois de la nature), on en vient à considérer la terre comme un lieu à respecter pour des raisons esthétiques, éthiques et de nécessité économique. Les disciples de Rousseau diffusent cette nouvelle écologie. Dans le même siècle les scientifiques commencent à penser que la déforestation entraîne des changements climatiques. En 1769, un décret ordonne de maintenir sur l'île Maurice 25% des terres boisées pour empêcher l'érosion des sols. A partir de là se multiplient les mesures restrictives pour protéger l'environnement. Les colonisateurs occidentaux découvrent ainsi tardivement ce que les indigènes ont toujours compris: la nécessité de préserver les ressources naturelles.

 

En 1827 est instauré un nouveau code forestier qui exige le reboisement des montagnes. Le professeur Edmond Henry décrit en outre la fonction de la forêt dans le cycle de l'eau, et d'autres travaux sont effectués dans le domaine des mécanismes écologiques. On considère déjà la forêt comme un poumon de la terre et la déforestation comme un suicide de l'homme. En 1857-1858, la Cour de Cassation juge répréhensible la maltraitance sur les animaux. La SPA est fondée en 1845, et la loi Grammont en 1850 contribue à cette tolérance envers les animaux.

 

Au XIXème siècle, les romantiques français (Hugo, Rousseau...) et allemands (Schelling, Novalis, Goethe...) cherchent à sensibiliser le monde à un retour à la communion avec la nature. La même démarche est entreprise aux Etats-Unis avec les écrivains HD Thoreau, RW Emerson, GP Marsh ou JF Cooper. Tout ceci aboutit au premier parc national des Etats-Unis, le parc du Yellowstone.

 

L'écologie scientifique et militante se développe au XXème siècle. A la fin déjà du siècle précédent, en 1895, Eugen Warming plaçait l'écologie comme discipline scientifique. Le vocabulaire écologique s'épanouissait déjà depuis quelques années: le terme « écologie » est né de Ernst Haeckel en 1877, celui de « biosphère » en 1875, de « biocénose » en 1877 et d'« écosystème » en 1935. On étudie beaucoup, à partir de la moitié du XIXème siècle, les relations interdépendantes entre les différentes espèces des règnes minéraux, végétaux et animaux.

 

 

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                                                               Eugen Warming

 

L'écologie militante se développe d'abord dans les années 1920, puis dans les années 1950, notamment à cause de la croissance démographique. Cette écologie s'inspire d'ailleurs des travaux de Malthus.

Enfin, la question du développement durable est en revanche beaucoup plus récente. On en parle sérieusement lors de la conférence des Nations Unies en 1992, à Rio de Janeiro.

 

 

 

SOURCE: MATAGNE Patrick, Comprendre l'écologie et son histoire, Paris, Delachaux et Niestlé, 2002

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